RITMO (emdr)

RITMO : Retraitement de l’Information Traumatique par les Mouvements Oculaires

Le RITMO (Retraitement de l’Information Traumatique par les Mouvements Oculaires) et L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) sont deux thérapies d’intégration neuro-émotionnelle qui utilisent des stimulations sensorielles (visuelles, auditives ou physiques), pour permettre le retraitement, la désensibilisation et la réinterprétation d’un événement traumatique passé.

En d’autres termes, ces outils thérapeutiques visent à changer le rapport d’une personne à une situation traumatique vécue, et à réduire l’impact et la charge émotionnelle des souvenirs qui y sont associés.

Développée à la fin des années 80 par la psychologue américaine Francine Shapiro, la pratique de l’EMDR sera introduite en France en 1983 par le psychiatre David Servan-Schreiber, puis étudiée et enrichie par la psychopraticienne intégrative Lili Ruggieri pour donner forme à la technique RITMO.

Qu’est-ce que l’EMDR ?

En 1987, Francine Shapiro découvre par hasard les effets thérapeutiques des stimulations bilatérales et leur impact sur les émotions négatives liées à un traumatisme passé. Entourée de volontaires, elle met alors peu à peu au point un protocole de soin qui permet de recréer ce même effet afin de pouvoir être utilisé à des fins thérapeutiques. Le protocole sera par la suite testé et validé avec succès sur d’anciens combattants de la guerre du Vietnam souffrant de stress post-traumatique.

En quoi consiste l’EMDR ?

Cette pratique thérapeutique s’appuie sur le fonctionnement d’un mécanisme neuropsychologique naturel simple, mais qui peut parfois être mis en échec suite à un événement traumatisant.

Il s’agit d’un mécanisme expérimenté au quotidien lorsqu’une personne entre en phase de sommeil paradoxal (REM, Rapid Eye Movement). Durant cette phase, le cerveau traite les émotions, les apprentissages et les expériences vécues pour les intégrer dans l’inconscient.

Il s’agit donc d’un processus naturel de “digestion” et d’archivage de l’information qui conduit à la “remise à zéro” des émotions grâce à l’intégration de l’événement dans la mémoire : le traumatisme douloureux et “vivant” passe à l’état de souvenir.

Cependant, lors d’un événement traumatique, il se peut que le psychisme soit dépassé par la situation ou par la force de l’effet de choc, et que le cerveau soit dans l’incapacité de traiter et d’archiver correctement les informations choquantes.

Si ce mécanisme inconscient se retrouve bloqué, l’événement reste alors dans le dossier des affaires non classées. et les sons, les sensations et les émotions liées au souvenir de l’événement traumatique d’origine peuvent être réactivés à tout moment, et provoquer souffrance, comportements intenses et dysfonctionnels, voire entraîner le développement de certains troubles (crises d’angoisse aiguës, insomnies, phobies, pertes de mémoire, symptômes de réminiscence…) comme c’est notamment le cas lorsqu’il il est question de stress post-traumatique.

Le RITMO dérivé de l’EMDR

En tant que créatrice de l’EMDR, Francine Shapiro est restée très regardante et pointilleuse quant aux personnes pouvant se revendiquer praticien en EMDR et l’accès à une formation reconnue par l’association d’EMDR France, reste une condition sine qua non pour pouvoir officialiser son statut de thérapeute. Pour dépasser le cadre limitant de ces formations officielles réservées exclusivement aux professionnels de santé, d’autres pratiques thérapeutiques similaires ont alors vu le jour.

Malgré des appellations différentes (RITMO, DNR, IMO), toutes ces pratiques font référence à un même type de thérapie brève employé dans la gestion et le traitement de traumatismes, et se sont construites sur les bases de l‘EMDR. Leur principale différence se situe donc avant tout dans les catégories professionnelles qui auront accès à ces différentes “écoles”.

Qu’est-ce que le RITMO ?

Mélange d’hypnose et d’EMDR mis au point par la psychopraticienne intégrative Lili Ruggieri, la technique RITMO est une pratique thérapeutique qui, au même titre que l’EMDR, permet de diminuer l’impact émotionnel associé à un ou plusieurs traumatismes.

Tout comme l’EMDR, le RITMO travaille selon un même type de schéma :

  • la modification des perceptions et des émotions liées à l’événement traumatique.
  • l’intégration (la digestion de l’événement).
  • le dépassement (l’archivage de l’événement et le passage à l’état de souvenir).

La différence entre ces deux pratiques se trouve alors essentiellement dans les outils mis en œuvre durant une séance.

Tout comme en hypnose thérapeutique, l’EMDR induit un état de conscience modifié qui facilite le travail du patient et de son thérapeute. Certains outils d’hypnothérapie sont alors utilisés afin d’enrichir les techniques et stratégies proposées par l’EMDR.

Et si bien F. Shapiro reconnaît la présence de certaines techniques d’hypnose en EMDR, le RITMO les revendique très clairement comme étant des outils essentiels au bon fonctionnement de la thérapie. À la différence d’une séance d’EMDR, le dialogue occupe donc une place importance dans une séance de RITMO et les suggestions émises par le thérapeute jouent un rôle crucial dans la modification des perceptions du patient.

Lors des séances de RITMO, les souvenirs traumatiques identifiés sont traités un à un à l’aide de simulations bialternées, mais à la différence de l’EMDR qui suppose l’identification desdits souvenirs traumatiques, le RITMO permet, au même titre que l’hypnose de travailler avec l’inconscient, et donc de “faire confiance” au processus inconscient d’identification des souvenirs.

Il s’agit donc d’une technique thérapeutique plus souple et qui peut être utilisée dans de nombreux cas, que le patient ait conscience de l’événement traumatique ou non.

Déroulement d’une séance de RITMO

L’entretien et la préparation

Comme dans le cadre d’une séance d’hypnose ou de thérapie cognitive et comportementale (TCC), la première séance consiste souvent en un entretien qui permet d’une part d’établir une relation de confiance entre le praticien et le patient, et d’autre part, d’essayer d’identifier les souvenirs traumatiques à l’origine des problèmes rencontrés et susceptibles d’être traités grâce au RITMO.

L’entretien préliminaire permet également de définir les outils thérapeutiques et psycho corporels qui seront mis en jeu lors des séances.

Si le but est le même indépendamment du patient (diminuer la charge émotionnelle et l’impact négatif des émotions liées au traumatisme), les protocoles de soins et les techniques utilisées s’adaptent avant tout à la personnalité du patient ou au type de traumatisme auquel il doit faire face.

Cette première phase me permet donc également de mieux comprendre votre histoire, votre personnalité et le but de votre recherche afin de choisir les meilleurs outils à mettre en place.

Structure de la séance de RITMO

Grâce aux stimulations sensorielles bilatérales (visuelles, auditives ou physiques), le mécanisme naturel du cerveau qui induit le traitement et l’archivage des informations est activé.

Je vous invite alors à vous remémorer les événements problématiques tout en identifiant les sensations et émotions négatives que cela vous provoque.

Tout en poursuivant les stimulations sensorielles, je vous accompagne dans vos souvenirs jusqu’à ce que l’événement traumatique s’estompe peu à peu et que les pensées et ressentis qui y sont liés perdent en force et en vivacité.

Toujours au moyen de stimulations sensorielles bilatérales, je vous guide et vous aide à construire de nouvelles associations de pensées plus bénéfiques et constructives liées à ce même souvenir.

Il s’agit donc d’un processus conscient durant lequel, en tant que patient, vous devez être prédisposé à puiser dans vos propres ressources pour mettre en marche le mécanisme de guérison.

L’événement traumatique ne disparaît pas comme par magie, cependant, grâce au RITMO, il est dissocié des émotions négatives prédominantes perçues et vécues au quotidien. Cette dissociation permet alors de laisser la place à de nouvelles perceptions et permet également l’acceptation et l’archivage de l’événement traumatique en tant que simple souvenir.

EMDR et RITMO : pour quels types de troubles ?

Il est souvent fait référence à la “cicatrisation” psychique et psychologique ou à un processus de “restructuration cognitive” lorsqu’il est question d’EMDR ou de RITMO, et pour cause. Si l’EMDR a été mis au point et validé pour le traitement du syndrome de stress post-traumatique, ses champs d’applications thérapeutiques, tout comme ceux du RITMO, vont bien au-delà :

  • Phobie et peurs
  • Traumatismes uniques : accidents, catastrophes, agressions
  • Deuil
  • Blocages émotionnels
  • Manque de confiance en soi
  • Angoisse / anxiété / panique
  • Etc…

Le nombre de séances dépendra avant tout de l’ampleur du traumatisme et des émotions liées, cependant dans la majorité des cas, 2 à 3 séances de RITMO suffisent à résoudre le problème et à permettre au patient de retrouver une vie normale et plus sereine.

La gestion des traumatismes par la technique RITMO peut cependant ne pas être adaptée à certaines personnes. En tant que thérapeute, je saurais vous conseiller quant à la thérapie qui conviendra le mieux à votre situation et vous guider si nécessaire vers un autre type de thérapie brève.